La passion selon Sade
Sylvano Bussotti, Antoine Gindt, Léo Warynski

La passion selon Sade

Mystère de chambre avec tableaux vivants de Sylvano Bussotti (1965)
Précédé de Français, encore un effort si vous voulez être républicain (Donatien Alphonse de Sade) et Sonata Erotica (Erwin Schulhoff)

Mise en scène :
Direction musicale :
avec :

Raquel Camarinha (Justine/Juliette), Eric Houzelot (Le Marquis), Ensemble Multilatérale

Collaboration à la mise en scène :

Élodie Brémaud

Scénographie :

Élise Capdenat

Lumière :

Daniel Levy

Costumes :

Fanny Brouste

Accessoires :

Marine Villain

Chef de chant :

Yoann Héreau

Production :

T&M-Paris
Coproduction Théâtre de Nîmes avec le soutien de Musica, Strasbourg

Création :

23 février 2017 au Théâtre de Nîmes

Galerie

Mystère de chambre avec tableaux vivants

De La Passion selon Sade de Sylvano Bussotti, emblématique partition des années soixante dont la graphie exubérante est aussi essentielle que les portées et les notes, nous avons imaginé une nouvelle mise en scène, où les deux protagonistes incarnent un couple diabolique, réuni par la scène autant que par la musique : la figure du Marquis d’une part, acteur muet et féroce, celle de la double Justine/Juliette d’autre part, soprano émérite qui, s’émancipant de son créateur, finit par lui échapper complètement.

Dans un inquiétant huis-clos, qui s’inspire du boudoir sadien, du cabinet de psychanalyse ou de la chambre d’hôtel, nous parcourons donc la relation trouble, ambiguë et sulfureuse entre ces deux personnages à la manière d’une passion en quatre stations, comme Bussotti nous y invite avec l’intitulé de ses « tableaux vivants » : mystique, libertin, démoniaque et mortel.

Nous sommes ici au théâtre. Le temps du spectacle est celui de la scène, la musique suit pas à pas, avec une précision extraordinaire, l’action entre les deux personnages dont l’engagement est total.

La musique de Bussotti, qui laisse une grande liberté apparente aux interprètes, en est en fait un guide essentiel. Avec ses intensités contrôlées, ses atmosphères suggestives, ses excentricités vocales et instrumentales, ses contrepieds, la partition – de la grandiloquente page initiale pour orgue au trio chambriste final – déploie une étonnante palette.

La présence/absence des musiciens, souvent témoins, parfois acteurs de cette descente aux enfers contribue par ailleurs à l’étrangeté et au mystère de ce spectacle.

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