Edito

2020-2021

Never our activities have been so uncertain! It is difficult to know how events over which we have no control, will guide us, upset us, influence us… That’s why we have started this new season 2020-2021 with some perspectives which are echoing our times: reflection on science (fiction), confinement to hell or American pastoral, the meeting between (musical) theatre and politics is never very far!

What is exactly the Rayon N?
In the spring of 2020, in full lockdown, we started a project that takes advantage of this situation. By joining their forces, the first eight partners involved, (T&M of course, Grame in Lyon, Ensemble intercontemporain, Les Métaboles choir – supported for this project by the Bettencourt Schueller Foundation -, La Scène de Recherche of the ENS Paris-Saclay, the Théâtre de Nîmes and Théâtre de Caen) made it possible to initiate this new opera written in two months by Sebastian Rivas: Rayon N. Last August, the score was recorded under the direction of Léo Warynski, the first test images, as well as a documentary, were also filmed on the Saclay site.

A musical fable (to paraphrase Monteverdi) that had been inspired to me years ago by the alleged discovery of the « N-Ray » by Professor René Blondlot in Nancy in 1903, a scientific miscellany that I had freely associated with Andersen’s tale The Emperor’s New Clothes. Five characters compete in the action, which strangely resonates with our current events: scientific approximation and small political or media arrangements, intrigue and seduction, everything rushes into the rapid tempo of the twenty-three scenes, now punctuated by Sebastian Rivas‘ explosive cocktail, between electro and operette. The film is to be followed, in writing for the moment with Philippe Béziat, the project is only just beginning.

This autumn, we are creating Eurydice.
We initiated this new production in February-March at the Scène de recherche de l’ENS Paris-Saclay where we will finish a long residency in December, punctuated by a formidable work with young Normans. Dominique Mercy – the unforgettable dancer with Pina Bausch – is Orphée, Anne-Emmanuelle Davy Eurydice (before Jeanne Crousaud who will take over her role in the spring of 2021). In this immersive opera for solo voice, piano and electronics, Dmitri Kourliandski surrounds Eurydice’s soliloquy with multiple voices whose distortions are imagined to be caused by the distance separating it from the world of the living. The long poem by Nastya Rodionova on which the piece is composed, divided into seven arias, is an intimate introspection. It is a plunge into the memory of Eurydice from which Orpheus emerges, two spaces-time that overlap without ever meeting. The electronic environment is imaginative and haunting, the delicacy of the situations hypnotic. It is an experience of the dark.

What is Donald Trump’s name?
A little later in November, Ludovic Lagarde will stage (first at the TNB in Rennes, then at the Parvis in Tarbes) the French premiere of Elfriede Jelinek’s text Sur la voie royale (Am Königsweg). Ludovic Lagarde wanted the musical creation – commissioned by T&M to Wolfgang Mitterer – to be closely associated with his show. After the operas Massacre (produced by T&M in 2008) and Marta (Opéra de Lille 2016), this project continues a close complicity and explores once again the relationship between music and theatre on a burning subject: « What system have we built? What have we became to place voluntarily – democratically! – such a demagogue at the head of the most powerful country in the world? »

Dmitri Kourliandski, Sebastian Rivas, Wolfgang Mitterer have more than one thing in common that guides us this season: that of introducing randomness into their music, of summoning memory and quotation. Thanks to electronics and a manner of noting the moment, they create the bifurcations, the instantaneous mutations that symbolically direct our new ways of doing things and our entire societies.

2020-21 will certainly not be a season « like any other », neither before nor after… in between perhaps. In this context, we are particularly happy to renew our residency at the Théâtre de Nîmes: it finally inaugurates our new implantation in Occitanie. We are also happy to find again infallible partners such as the Festival Aperto in Reggio Emilia or Athénée Théâtre Louis-Jouvet in Paris, and of course to share our season with all those who make these adventures possible.

Antoine Gindt (September 2020)

2020-2021

Jamais sans doute nos activités, comme beaucoup d’autres, n’ont été aussi incertaines. Difficile en cette rentrée de savoir comment des événements sur lesquels nous n’avons aucune prise, vont nous guider, nous contrarier, nous influencer… Nous avons cependant engagé cette nouvelle saison 2020-2021 avec quelques réjouissantes perspectives, comme en écho à notre époque : réflexion sur la science (fiction), confinement aux enfers ou pastorale américaine, la rencontre entre théâtre (musical) et politique n’est jamais très loin !

Qu’est-ce donc que le Rayon N ?
Au printemps 2020, en plein confinement, nous avons mis en chantier un projet qui tire profit de cette situation. En s’associant, les huit premiers partenaires engagés dans cette aventure, (T&M bien sûr, le Grame à Lyon, l’Ensemble intercontemporain, le chœur Les Métaboles – ce dernier soutenu pour ce projet par la Fondation Bettencourt Schueller –, la Scène de Recherche de l’ENS Paris-Saclay, les Théâtres de Nîmes et de Caen) ont permis d’initier ce nouvel opéra écrit en deux mois par Sebastian Rivas : Rayon N. En août dernier, la partition a été enregistrée sous la direction de Léo Warynski, les première images-test, ainsi qu’un documentaire, ont également été filmés sur le site de Saclay.

Une fable en musique (pour paraphraser Monteverdi) qui m’avait été inspirée, il y a des années, par la prétendue découverte des « Rayon N » par le professeur René Blondlot, à Nancy en 1903. De ce fait divers scientifique, librement associé au conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur, sont tirés cinq personnages qui résonnent étrangement avec notre actualité : approximation scientifique et petits arrangements politiques ou médiatiques, intrigue et séduction, tout se précipite dans le tempo rapide des vingt-trois scènes désormais rythmées par le cocktail explosif de Sebastian Rivas, entre électro et opérette. Le film est à suivre, en écriture pour le moment avec Philippe Béziat, le projet n’en est qu’à son commencement.

Cet automne, nous créons Eurydice.
Ce nouveau spectacle, nous l’avons initié en février-mars à la Scène de recherche de l’ENS Paris-Saclay où nous terminerons en décembre une longue résidence, ponctuée d’un formidable travail avec de jeunes normaliens. Dominique Mercy – inoubliable danseur de Pina Bausch – y retrouve Orphée, Anne-Emmanuelle Davy est Eurydice (avant Jeanne Crousaud qui reprendra son rôle au printemps 2021). Dans cet opéra immersif pour voix seule, piano et électronique, Dmitri Kourliandski entoure le soliloque d’Eurydice de voix multiples dont on imagine que leurs déformations sont provoquées par la distance qui la sépare du monde des vivants. Le long poème de Nastya Rodionova sur lequel est composée la pièce, divisé en sept arias, est une intime introspection. C’est une plongée dans la mémoire d’Eurydice d’où surgit Orphée, deux espace-temps qui se superposent sans jamais se rejoindre. L’environnement électronique est imagé et obsédant, la délicatesse des situations hypnotique. C’est une expérience du noir.

De quoi Donald Trump est-il le nom ?
Un peu plus tard en novembre, c’est Ludovic Lagarde qui met en scène (au TNB à Rennes d’abord, au Parvis à Tarbes ensuite) la première française du texte d’Elfriede Jelinek Sur la voie royale (Am Königsweg). Ludovic Lagarde a souhaité que la création musicale – commande de T&M à Wolfgang Mitterer – soit étroitement associé à ce spectacle. Après les opéras Massacre (production T&M 2008) et Marta (Opéra de Lille 2016), ce projet vient poursuivre une étroite complicité et explore à nouveau les relations musique-théâtre sur un sujet qui brûle : « Quel système avons-nous bâti ? Que sommes-nous devenus pour placer volontairement – démocratiquement ! – un pareil démagogue à la tête du plus puissant pays du monde ? »

Dmitri Kourliandski, Sebastian Rivas, Wolfgang Mitterer ont plus d’un point commun qui nous guide cette saison : celui d’introduire l’aléas dans leur musique, de convoquer la mémoire et la citation. Grâce à l’électronique et à une manière originale de noter l’instant, ils créent les bifurcations, les mutations instantanées qui symboliquement dirigent nos nouvelles manières de faire et nos sociétés tout entières.

2020-21 ne sera certainement pas une saison « comme les autres », ni d’avant, ni d’après… entre deux peut-être. Dans ce contexte, nous sommes particulièrement heureux de renouveler notre résidence au Théâtre de Nîmes : elle inaugure enfin notre nouvelle implantation en Occitanie. Nous sommes heureux aussi de retrouver des partenaires infaillibles comme le Festival Aperto à Reggio Emilia ou l’Athénée-Théâtre Louis-Jouvet à Paris, et bien sûr de partager notre saison avec tous ceux qui permettent ces aventures.

Antoine Gindt (15 septembre 2020)

T&M NÎMES/OCCITANIE

nouveau siège social :
c/o Théâtre de Nîmes, place de la Calade, 30000 Nîmes

correspondance, bureau parisien :
c/o La Gaîté Lyrique
3bis rue Papin F-75003 Paris
+33 1 53 01 52 81
T&M, association soutenue par le Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Occitanie)

Historique

For over 40 years, T&M is a unique creative company in France, which has devoted its activity to contemporary musical and lyrical theatre.

Created by Georges Aperghis in 1976, the ATEM (Atelier Théâtre Et Musique) is initially dedicated to the productions of its founder. Georges Aperghis associates musicians, actors, authors, scenographers… to carry out his search for personal expression. Based in Bagnolet (Théâtre des Malassis), he composed and staged about twenty new productions, including the remarkable La Bouteille à la Mer (1976), Conversations (1985), Enumerations (1988) and Jojo (1990).

In 1992, ATEM moved to the Théâtre de Nanterre-AmandiersGeorges Aperghis is joined by Antoine Gindt. Alongside the creations of Georges Aperghis (H, Sextuor, Tourbillons, Commentaires), operas and shows by Bernard Cavanna (La Confession impudique, directed by Daniel Martin), Heiner Goebbels (Ou bien le débarquement désastreux), Pascal Dusapin (To Be Sung, lighting installation by James Turrell) were created there.

In 1997, Antoine Gindt succeeded Georges Aperghis. The ATEM becomes T&M, remains associated with the Théâtre des Amandiers until 2001, and creates many shows there, including operas by Franco Donatoni (Alfred, Alfred, directed by André Wilms), Heiner Goebbels (Max Black, Hashirigaki), Gérard Pesson (Forever Valley, directed by Frédéric Fisbach), Pascal Dusapin (Medeamaterial, directed by André Wilms), Michael Jarrell (Kassandra, directed by Christoph Marthaler), Salvatore Sciarrino (Lohengrin, directed by Ingrid von Wantoch Rekowski)

In 2002, T&M moved to Paris and initiated numerous partnerships, with the Festival d’Automne, the Théâtre National de la Colline, the Odéon-Théâtre de l’Europe before being welcomed in residence at the Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines/Scène nationale (from 2006 to 2015) and at the Théâtre de Gennevilliers/CDNCC (from 2007 to 2016).

More than twenty new productions were produced during this period, directed by André Wilms (Momo by Pascal Dusapin, 2002), Frédéric Fisbach (Kyrielle du Sentiment des choses by François Sarhan, 2003), Pascal Rambert (Philomela by James Dillon, 2004), Ludovic Lagarde (Massacre by Wolfgang Mitterer, 2008), Joël Pommerat (Thanks to my Eyes by Oscar Bianchi, 2011) and Antoine Gindt (including Medea by Pascal Dusapin, 2005, Kafka-Fragmente by György Kurtag, 2007, Ring Saga, 2011, Aliados by Sebastian Rivas, 2013, Giordano Bruno by Francesco Filidei, 2015, 200 Motels by Frank Zappa, 2019).

Since 2017, T&M-Paris has been resident partner of La Gaîté Lyrique, where Sandglasses by Juste Janulyte (2018) was presented, and is associated with the Théâtre de Nîmes, where a new production of La Passion selon Sade by Sylvano Bussotti was created (2017) and a revival of Voyageur à venise (Wanderer, post scriptum) (2018) was done.

In 2020, T&M moves to Nîmes/Occitanie to develop its partnership with the Théâtre de Nîmes and is in residence at the Scène de Recherche de l’ENS Paris-Saclay.

T&M est une structure de création unique en France qui consacre depuis plus de 40 ans son activité au théâtre musical et lyrique contemporain.

Créé par Georges Aperghis en 1976, l’ATEM (Atelier Théâtre Et Musique) se consacre d’abord à la création des spectacles de son fondateur. Le compositeur associe musiciens, comédiens, auteurs, scénographes… pour mener sa recherche d’une expression personnelle. Implanté à Bagnolet (Théâtre des Malassis), il y crée une vingtaine de spectacles, dont La Bouteille à la Mer (1976), Conversations (1985), Enumérations (1988) et Jojo (1990) sont parmi les plus remarquables.

En 1992, l’ATEM s’implante au Théâtre de Nanterre-AmandiersGeorges Aperghis est rejoint par Antoine Gindt. Parallèlement aux créations de Georges Aperghis (H, Sextuor, Tourbillons, Commentaires), les opéras et spectacles de Bernard Cavanna (La Confession impudique, mise en scène Daniel Martin), Heiner Goebbels (Ou bien le débarquement désastreux), Pascal Dusapin (To Be Sung, installation lumière de James Turrell)…,  y sont créés.

En 1997, Antoine Gindt succède à Georges Aperghis. L’ATEM devient T&M, reste associé au Théâtre des Amandiers jusqu’en 2001, et y crée de nombreux spectacles, dont les opéras de Franco Donatoni (Alfred, Alfred, mise en scène André Wilms), Heiner Goebbels (Max Black, Hashirigaki), Gérard Pesson (Forever Valley, mise en scène Frédéric Fisbach), Pascal Dusapin (Medeamaterial, mise en scène André Wilms), Michael Jarrell (Kassandra, mise en scène Christoph Marthaler), Salvatore Sciarrino (Lohengrin, mise en scène Ingrid von Wantoch Rekowski)…

En 2002, T&M s’installe à Paris et initie de nombreux partenariats, avec le Festival d’Automne, le Théâtre National de la Colline, l’Odéon-Théâtre de l’Europe avant d’être accueilli en résidence au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines/Scène nationale (de 2006 à 2015) et au Théâtre de Gennevilliers/CDNCC (de 2007 à 2016).

Plus d’une vingtaine de productions nouvelles voient le jour pendant cette période dans les mises en scènes d’André Wilms (Momo de Pascal Dusapin, 2002), Frédéric Fisbach (Kyrielle du Sentiment des choses de François Sarhan, 2003), Pascal Rambert (Philomela de James Dillon, 2004), Ludovic Lagarde (Massacre de Wolfgang Mitterer, 2008), Joël Pommerat (Thanks to my Eyes d’Oscar Bianchi, 2011) et d’Antoine Gindt (dont Medea de Pascal Dusapin, 2005, Kafka-Fragmente de György Kurtag, 2007, Ring Saga, 2011, Aliados de Sebastian Rivas, 2013, Giordano Bruno de Francesco Filidei, 2015, 200 Motels de Frank Zappa, 2018).

Depuis 2017, T&M-Paris est partenaire-résident de La Gaîté Lyrique où a été présenté Sandglasses de Juste Janulyte (2018) et est associé au Théâtre de Nîmes où a été créée une nouvelle production de La Passion selon Sade de Sylvano Bussotti (2017) puis repris Wanderer, post-scriptum (2018).

En 2020, T&M s’implante à Nîmes/Occitanie pour y développer son partenariat avec le Théâtre de Nîmes et est en résidence à la Scène de Recherche de l’ENS Paris-Saclay.

L’équipe

Équipe permanente

Conseil d’administration

  • Président : Jean-Luc Poidevin
  • Trésorier : Jean-Stéphane Michaux
  • Secrétaire : Eric de Visscher
  • Membres associés :  Anne Goalard, Nicole Martin, Richard Dubelski

Site internet

  • rédaction : Antoine Gindt
  • conception graphique : Gg
  • réalisation : Jules Barbier

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