REVUE DE PRESSE

MEDEA (2007)


De mémoire de femme Medea de Pascal Dusapin, 11 Janvier 2007
Michel Parouty, Les Echos

"(…) Il est vrai que, pour une soprano, ce rôle est un cadeau des dieux. Un monologue, dans lequel intervient brièvement un quatuor vocal ; autour d'eux, le choeur tisse une étoffe dont on retient la souplesse - la formation de chambre Les Cris de Paris, que dirige Geoffrey Jourdain, est excellente, précise, sans sécheresse et d'agréable texture. Comme le quatuor, comme les choristes, l'orchestre (le Remix Ensemble Porto) est placé derrière un rideau, laissant la soliste seule à l'avant du plateau et enveloppant son chant avec raffinement ; Franck Ollu le mène avec un sens évident de la narration et des nuances. Dans la scénographie de Klaus Grünberg, réduite à quelques éléments, Antoine Gindt signe une mise en scène si discrète qu'elle se fait oublier.
Mais il y a Piia Komsi, dont l'étrangeté fascine. On imagine pour l'héroïne, sorcière et matricide, un physique de tragédienne. La soprano finlandaise, qui chante aussi bien Mozart que les musiciens du XXIe siècle, campe au contraire une femme énigmatique, encore proche de l'enfance ; sa voix claire et pure peut perdre ses couleurs, se désincarner, ou bien affirmer sa puissance jusqu'au cri. Une composition qui intrigue plus qu'elle n'émeut, mais dont la force s'impose. Une oeuvre dont le temps ne fane en rien la beauté."


Médée dans la plus haute des solitudes, 12 Janvier 2007
Maurice Ulrich, L'Humanité

"(…) La cantatrice et soprano colorature Piia Komsi est toute d'intériorité, de méditation quand soudain la voix grimpe dans les registres suraigus du cri qui ne peut plus être maîtrisé. Mais le compositeur a en même temps évité soigneusement le piège de la folie, de la véhémence hystérique. Jamais sa Médée ne perd le contrôle d'elle-même et dans l'acmé de la douleur elle est lucide, déterminée. C'est dire que son chant est en même temps, contrôlé, parfois comme glacé. Le choeur et l'orchestre (les Cris de Paris et le Remix ensemble) ne l'accompagnent pas, ils sont en contrepoint comme la rumeur du monde, ce qui parvient encore aux oreilles de Médée, ce monde qui la rejette et se prépare aux noces de Jason. Pascal Dusapin a évité tout éclat tonitruant. La formation d'orchestre ne comprend pas de percussions, de bois, de cuivres, mais seulement les cordes et un clavecin dont le son métallique vient en opposition mesurée, avec des moments exceptionnels d'intensité, quand, comme dans une sorte de marche à l'échafaud en sourdine, toute de retenue, la tension dramatique est donnée par la réponse répétée des contrebasses aux violons. Orchestre et choeur sont derrière un grand rideau qui laisse passer les silhouettes du quatuor vocal qui intervient également. Le rideau va s'ouvrir à quelques instants de la fin, et la solitude mais aussi la liberté de Médée apparaissent terribles, face au monde retrouvé et à jamais perdu."


Nouvelle Médée pour Dusapin, 12 Janvier 2007
Caroline Mazodier, La Tribune

L'opéra du compositeur contemporain Pascal Dusapin revisite le mythe de Médée. La soprano Piia Komsi est au coeur du monologue.

"(…) La mise en scène d'Antoine Gindt, symbolique, presque minimaliste, place, une heure durant, la soprano colorature finlandaise Piia Komsi au centre de toutes les attentions. Outre qu'elle relève brillamment le défi technique que sa partition présente, son jeu est inquiétant et dérangeant à souhait. Sur son passage, l'ordre établi s'efface à coups de pied, les flammes s'éteignent et les enfants partent en fumée.
Derrière elle, un rideau translucide, qui ne s'ouvrira que dans le dernier tableau, laisse entrevoir dans le fond de la scène un orchestre à cordes (Remix Ensemble Porto), un choeur mixte (Les cris de Paris) et un quatuor vocal, dirigés par Franck Ollu. L'ensemble sert admirablement l'oeuvre de Pascal Dusapin."


Médée mise à nue, 1 Mars 2007
Jérémie Szpirglas, Le Monde de la Musique

"(…) D'apparence extrêmement conceptuelle, cette nouvelle mise en scène par Antoine Gindt, est sobre et lisible. La sensationnelle colorature Piia Komsi, qui véritablement porte la tragédie sur se épaules jusque dans la moindre inflexion de sa voix et le moindre geste esquissé - amplifié par les drapés de son costume - n'est séparée de l'orchestre et du quatuor vocal, placé en fond de scène, que par un long tulle blafard plus ou moins translucide. (…) Derrière elle, le Remix Ensemble Porto, le chœur Les Cris de Paris et les solistes argentins qui constituent le quatuor vocal, tous placés sous la direction de Franck Ollu, donnent une performance d'une grande justesse."


La douleur hallucinée de la Médée de Dusapin, 12 Janvier 2007
Bruno Serrou, La Croix

Le deuxième opéra du compositeur français conaît une nouvelle et intrigante production.
"(…) En France, l'histoire de Medeamaterial avait été marquée par la production d'André Wilms en 2000. Le spectacle d'aujourd'hui, réalisé par Antoine Gindt, est sans doute moins ciselé, malgré de fortes images, comme l'ombre portée d'un chien sur le rideau de tulle quand Médée exprime sa detresse, devant l'orchestre et le chœur cachés par cette même étoffe. (…)"


Medea, 1 Mars 2007
Jacques Doucelin, Opéra Magazine

"(…) Ainsi a-t-on eu plaisir à redécouvrir cette Medea de Pascal Dusapin dans la production d'Antoine Gindt. Celui-ci, en effet, a tiré les conséquences de ce monodrame où l'héroïne est seule face à un quatuor vocal qui partage le rôle du chœur antique avec les excellents Cris de Paris, dirigés ainsi que l'Ensemble Remix de main de maître par Franck Ollu. (…) La scénographie de Klaus Grünberg est dépouillée au maximum sans que cela gêne le moins du monde. Un tulle sépare la scène de l'orchestre et du chœur sans les dissimuler totalement presque jusqu'à la fin. Il s'ouvre lorsque le meurtre de la jeune épousée de Jason est consommé. (…)"


Medea Humana, 1 Mars 2007
Nicolas Baron, Diapason

"(…) Exaltant la dimension énigmatique du rôle-titre, Antoine Gindt prend le parti d'isoler d'un simple voile de tulle, le quatuor vocal, le chœur et l'orchestre à cordes, laissant la protagoniste évoluer seule sur son échiquier de pierre où miroir, spectre et chimères balisent ses arabesques vers l'abîme, de la tragison à la vengeance. Portée par le chœur Les Cris de Paris et le Remix Ensemble de Porto, la superbe Piia Komsi, déploie ses aigus stratosphériques, ourdit ses complots, murmure ses confidences sans jamais verser dans l'hystérie, campant une Médée bouleversante, puisant sa fureur hallucinée dans le vase monologue de Heiner Müller. (…)"


Pascal Dusapin a le vent en poupe, 15 Janvier 2007
Pierre Gervasoni, Le Monde

"(…) La vie de l'opéra, auquel nous avons assisté le 9 janvier à Orléans, se trouve concentrée dans la voix. Celle, extrémiste, de la soprano colorature (étrange Piia Komsi, femme-enfant à tendance bestiale) qui a le rôle-titre. Celles, fluctuantes, d'un quatuor de solistes qui réalise le véritable décor de cette tragédie mentale. Celles, chimériques, du choeur qui donne un écho sophistiqué à la folie de chaque instant.
La mise en scène d'Antoine Gindt, un proche du compositeur, ne se situe pas au niveau de la musique. Elle hésite entre une approche méticuleuse (accessoires esthétiquement disposés) et une vision onirique (joli défilé d'ombres sur rideau de tulle). Avec, au bout du compte, des incongruités qui plombent la référence à l'antique.
L'infanticide se réduit à un effet pyrotechnique et la vengeance de l'épouse trompée s'enlise dans le premier degré du statut de "chienne" (tête canine projetée en ombre chinoise). On a l'impression d'assister à un banal drame de la jalousie sur un plateau où le metteur en scène s'est contenté de faire le ménage des corps habillés et dénudés."


 
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