ARGUMENT

KYRIELLE DU SENTIMENT DES CHOSES
Opéra de chambre

La Fleur Inverse, étude théorique de l'art des troubadours, a été ma première rencontre avec l'œuvre de Jacques Roubaud. Mon travail portant à l'époque sur les relations formelles entre le texte et la musique, j'ai écrit en 1998 ma première pièce sur un de ses textes oulipiens, Nuit sans date. Présentée à l'Ircam en 2001 avec le poète, cette pièce a amené l'idée d'une collaboration sur un projet plus développé, qui associe à la réflexion formelle une dimension scénique avouée.

La kyrielle du sentiment des choses, texte composé par Jacques Roubaud en décembre 2001, à ma demande, s'inspire de l'idée orientale d'un monde offert à la contemplation. Les protagonistes, au nombre de cinq, construisent le monde par la parole, en nommant les choses. La kyrielle est l'enchaînement de ces espèces naturelles selon le choix formel du poète. Le monde sonore se déploie parallèlement au monde poétique grâce aux cinq chanteurs (figurés dans le texte par les couleurs) et un piano préparé et amplifié, vaste caisse de résonance dont la richesse fait pendant à la diversité calculée du vocabulaire. Les sonorités seront légèrement déformées par un dispositif électronique, pour créer un univers singulier, entre l'acoustique et l'électronique, entre le naturel et l'artificiel.

Ma rencontre, il y a quelques mois, avec Frédéric Fisbach et le dialogue qui s’en suivit, m'ont permis d’envisager ce projet dans toute ses dimensions et son écriture avec la conscience d’une approche théâtrale.

François Sarhan (avril 2002)
 
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